
Les trois récents discours du Président de la République à Constantine et au Latran en décembre, à Ryad ces derniers jours, par leur insistance inhabituelle et troublante à promouvoir le rôle « incontournable », « indispensable » des religions dans nos sociétés ont heurté et inquiété, au-delà de la Gauche et des Verts, bien des citoyens.
Ces propos par lesquels le Président s’exprimait non pas « au nom du peuple français » mais « au nom des chrétiens » sont en rupture avec la tradition républicaine et la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat. La république n’a pas besoin de croyants mais de citoyens, croyants ou non. Le jugement selon lequel « les instituteurs ne pourront jamais rivaliser avec les curés » est une insulte aux fonctionnaires de la République qui remplissent, depuis des décennies, avec un dévouement exemplaire une belle et grande mission de service public.
Les partis de Gauche rappellent que la laïcité est d’abord la protection d’une liberté individuelle fondamentale, la liberté de conscience et qu’elle seule peut fonder un espace républicain soustrait à l’empire des dogmes, où les citoyens peuvent débattre de l’intérêt général.
Cette valeur de liberté n’a pas plus besoin de qualificatif réducteur que les valeurs de la République portées aux frontons de nos édifices publics.
Les partis de gauche et les Verts s’engagent, face aux menaces qui existent, à se mobiliser pour défendre la loi de 1905 et le préambule de la Constitution de 1946.
Pendant près de deux heures, Nicolas Sarkozy a tenté de créer l’illusion du mouvement. Il n’aura en fait répété que les fragments de sa politique depuis son élection. Il a disserté philosophie et civilisation pour éviter de répondre aux questions essentielles où il était attendu : celles de la croissance, du pouvoir d’achat, de la vie chère, des salaires et de l’emploi.
En fait, son long propos a eu au moins un mérite : celui de révéler l’absence de résultat depuis 8 mois, le défaut de propositions immédiates pour la vie de nos concitoyens.
Les Français sauront que, pour 2008, la fumeuse « politique de civilisation » va se réduire à la banale continuité de leur vie d’aujourd’hui. Quand un responsable public n’a pas de chiffres à présenter, il produit des mots. Nicolas Sarkozy les a multipliés.
Mais, le temps n’est plus au verbe, aux proclamations, aux coups de menton péremptoires et à l’autojustification. Après 8 mois de présidence et près de 6 ans de politique conduite par la même majorité, notre pays n’attend pas un discours de campagne, mais des résultats.
Ils ne sont pas là. Et rien -aujourd’hui- ne permet de dire qu’ils seront davantage au rendez-vous à la fin de l’année 2008. Le plus sûr, c’est de penser que plutôt qu’un « plan de civilisation », c’est un plan de rigueur qui sera bientôt annoncé après les élections municipales. La réhabilitation de la TVA est là pour nous le confirmer. La seule mesure concrète annoncée n’est pas la fin des 35 heures, mais la fin de la durée légale du temps de travail
Monsieur le Premier ministre,
Le pouvoir d’achat est devenu la première priorité des Français, une priorité lancinante. Au-delà des fonctionnaires, qui se mobilisent fortement aujourd’hui, un grand nombre de nos concitoyens connaissent tout à la fois une stagnation de leurs revenus depuis plusieurs années et une hausse continue du coût de la vie : carburants, alimentation, loyers.
Vous aviez pourtant pris des engagements. Nicolas Sarkozy voulait être le Président du pouvoir d’achat. Président, il l’est depuis six mois, mais le pouvoir d’achat, lui, n’est toujours pas au rendez-vous !
Vous aviez annoncé la croissance : elle n’est pas là. Vous aviez promis des mesures immédiates pour les Français : elles n’ont concerné que les plus favorisés.
Quant aux heures supplémentaires, le dispositif, de l’aveu même des chefs d’entreprise, est inapplicable. Il n’est plus temps d’attendre !
C’est pourquoi, au nom des socialistes, je vous fais quatre propositions. Je vous remercie de saluer cette initiative.
Tout d’abord, une conférence salariale. Grenelle de l’environnement, Grenelle de l’insertion : vous évoquez souvent des « Grenelle ». Eh bien, faites un Grenelle sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires et des salariés du secteur privé ! Et, pour aider à la négociation, conditionnez les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises à la conclusion d’accords salariaux.
Deuxième proposition : la mise en place immédiate d’un chèque transports. La mesure a déjà été votée, elle peut être financée par une taxation sur les superprofits des compagnies pétrolières.
Troisième proposition : l’encadrement des loyers en 2008 au niveau du coût de la vie.
Quatrième proposition : la transparence totale des marges de la grande distribution et la répercussion sur les consommateurs des avantages obtenus sur les producteurs.
Ma question est simple, monsieur le Premier ministre : voilà notre plan pour le pouvoir d’achat. Quel est le vôtre ?
Le dernier édito de Pierre-Marie Vidal dans Profession politique :
L’affaire des tests ADN n’en finit pas de diviser la majorité. “Détail” de la loi sur l’immigration, comme le qualifie le Premier ministre, le sujet est devenu emblématique de toutes les instrumentalisations. Première d’entre elles, celle de l’auteur de l’amendement, Thierry Mariani, qui, avec un tel effet de manche, puise sans vergogne dans l’abondant vivier électoral du Front national sur ses terres du Vaucluse. Et la dernière, celle de la secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville, Fadela Amara, qui, foulant au pied toutes les règles de la solidarité gouvernementale, saisit l’occasion pour régler violemment quelques vieux comptes. “Heureusement que le Conseil constitutionnel devrait enterrer le projet”, espèrent en silence de nombreux parlementaires. Restera de cette affaire le sentiment que cette nouvelle tentative d’intégration de personnalités de la société civile, sans expérience gouvernementale, montre ses limites.
Même pris sous l’aile protectrice de l’Élysée, ces ministres ont, en effet, du mal à peser sur les décisions prises. Il suffit de comparer les résultats déjà obtenus par Martin Hirsch au haut commissariat aux Solidarités actives contre la pauvreté à ceux de Fadela Amara. Tous deux à égalité “ministres” d’ouverture, l’un connaît toutes les ficelles du métier alors que l’autre découvre - à ses frais - la mécanique du pouvoir.
Le risque n’est donc pas tant dans l’ouverture que dans le fait de tenter d’intégrer au gouvernement des gens qui n’en connaissent pas le fonctionnement. Savoir travailler avec les parlementaires, comprendre les contraintes de la carte électorale, associer les services à la réflexion : autant de nécessités qui font partie du métier de ministre et ne peuvent pas être ignorées longtemps sans gripper la machine. Quand en plus on joint la parole au geste, alors c’est la sortie de route assurée.
Décidément, c’est une semaine très politique.
Collectif 92 de défense de la Sécurité sociale et de ses centres Soutenu par : CGT CPAM 92, FSU 92, Solidaires 92, SUD PTT 92, Syndicat de la Médecine Générale, Mutuelles de France 92, ATTAC 92, PS 92, PC 92, LCR 92.
L’instauration de trois nouvelles franchises sera présentée au vote du Parlement fin octobre : il faudrait payer 50 centimes à l’achat de chaque boîte de médicaments, 50 centimes chaque fois que l’on aura affaire à son kiné, son infi rmier, 2 euros à chaque transport en ambulance.
Pour se soigner, il faut payer toujours plus !
Ces franchises s’ajoutent au forfait à chaque consultation et acte médical, au forfait hospitalier, au forfait
sur les actes lourds, aux dépassements d’honoraires (de plus en plus importants), aux déremboursements
des médicaments, au ticket modérateur (part non remboursable par la Sécu),...
Plus ça va, plus on fait payer les malades ! Le forfait hospitalier a plus que quintuplé, il est passé de 20 francs (3€) à sa création en 1992, à 16 € aujourd’hui ! Le forfait par consultation ne devait pas augmenter.
À sa création en 2005, le forfait de 1 € par consultation était plafonné à 1 € par jour quel que soit le
nombre d’actes. Par décret depuis le 1er août 2007, il peut aller jusqu à 4 € par jour. Et demain ?
En plus de payer la Sécu et la complémentaire, il faut payer de sa poche en moyenne 240 € par an.
Pour 900 000 malades, cette somme atteint 1000 €. Une personne sur cinq est déjà contrainte à renoncer
à certains soins optiques ou dentaires.
Les mauvais prétextes se succèdent d’une année à l’autre : « maîtrise des dépenses de santé », « plan cancer » puis « plan Alzheimer » sont évoqués sans vergogne. Les communicants de l’Elysée ne savent plus
quoi inventer !
CONTRE LES FRANCHISES MEDICALES
POUR L’ACCES AUX SOINS POUR TOUS
Samedi 29 septembre, 14 heures
Gymnase Japy (2, rue Japy)
75011 Paris
(Métro Voltaire)
Télécharger le tract : Téléchargement tract_dappel_au_29_septembre_japy.pdf
Le parti socialiste vous invite le 27 septembre à 18h00 au Musée social, rue Las Cases au deuxième forum thématique de la rénovation sur le thème :
Comment refonder l'école républicaine ?
avec Eric Maurin, économiste et sociologue, enseignant à l'EHESS et Christian Forestier, ancien recteur d'académie, membre du Haut Conseil de l'éducation.
(inscription obligatoire)
Télécharger l'invitation : Téléchargement invit_forum_21.pdf
Monsieur le Ministre,
Vous rappelez actuellement à l’ordre les Préfets des départements dont « les résultats doivent être améliorés en termes de reconduites à la frontière ». Certains Préfets ont d’ores et déjà écrits aux Maires pour les « mettre en garde » contre toutes les initiatives de solidarité avec les sans papiers, comme les parrainages, qu’ils pourraient soutenir sur le territoire de leur commune.
Nous, Maires de Bagneux, Chaville, Clichy-la-Garenne, Gennevilliers, Fontenay-aux-Roses, Nanterre, Malakoff, rappelons que nous menons des actes citoyens pour protéger les habitants qui vivent, travaillent, étudient dans nos communes.
Nous sommes les Maires de tous, quelque soient la nationalité ou l’origine, et notre rôle est d’aider chacun à trouver sa place au sein de notre société commune : le pays des droits de l’homme.
Nous sommes indignés qu’un Ministre enjoigne aux Préfets de menacer les Maires de poursuites judiciaires pour les initiatives prises en faveur de la reconnaissance de chacun.
Cela rappelle trop des méthodes employées en d’autres temps à l’égard des Maires et des Préfets.
Votre vision obsessionnelle du chiffre en matière de politique d’immigration est d’autant plus condamnable que ce sont des êtres humains qui sont en jeu, alors même que vous n’éprouvez pas la même exigence vis à vis d’objectifs chiffrés fixés par la loi –pensons à la loi SRU- pour permettre le droit au logement !
Nous appelons tous les élus locaux à réagir avec détermination face à cette tentative de mise au pas et à nous rejoindre dans l’affirmation de notre liberté démocratique.
Marie Hélène AMIABLE
Maire de Bagneux
Jacques BOURGOIN
Maire de Gennevilliers
Pascal BUCHET
Maire de Fontenay-aux-oses
Gilles CATOIRE
Maire de Clichy-la-Garenne
Patrick JARRY
Maire de Nanterre
Jean LEVAIN
Maire de Chaville
Catherine MARGATE
Maire de Malakoff
Philippe KALTENBACH
Maire de Clamart
Les déclarations de N. SARKOZY et de F. FILLON sur la question des seuls régimes spéciaux, cherchant à opposer les salariés entre eux, augurent mal du processus de négociation d’ensemble pourtant nécessaire.
Il n’est pas possible de déconnecter l’évolution des régimes spéciaux -qui doit être traitée dans leur diversité et non de manière réductrice- de la négociation d’ensemble. De plus l’évolution éventuelle de ces régimes spéciaux ne constitue absolument pas une réponse au financement pérenne du régime général des salariés.
C’est d’ailleurs à travers le Conseil d’Orientation des Retraites mis en place par le gouvernement de Lionel JOSPIN, qu’une discussion sérieuse et approfondie a abouti sur le dossier des retraites, à un diagnostic partagé par tous les partenaires sociaux. Ainsi, tous les partenaires syndicaux sont aujourd’hui d’accord pour une évolution négociée des régimes spéciaux de retraite, dans le cadre d’une négociation d’ensemble de la question des retraites.
L’échec social et financier de la réforme FILLON adoptée en 2003, qui n’évoquait pas les régimes spéciaux est aujourd’hui patent. Le groupe socialiste l’avait d’ailleurs déjà annoncé lors du débat parlementaire au printemps 2003. Cette réforme se traduit par la dégradation du taux de remplacement, davantage d’injustices, l’augmentation du nombre des très petites pensions. Il y a aujourd’hui 1 000 000 de retraités en dessous du seuil de pauvreté. Le déficit de la branche vieillesse dépassera largement les 3 milliards d’euros cette année. En outre, le fonds de réserve des retraites a été très faiblement abondé depuis cette période.
La renégociation de la réforme des retraites à l’horizon 2008 était inscrite dans la loi de 2003. Cette réforme négociée doit réunir plusieurs conditions :
- S’attaquer au problème du chômage des jeunes et tout faire pour obtenir un taux d’activité beaucoup plus élevé en particulier chez les seniors ;
- Prendre en compte pour les durées de cotisations les critères de pénibilité et d’espérance de vie, aujourd’hui très inégalitaire selon la nature des métiers ;
- Solliciter des ressources nouvelles, relevant non seulement de la solidarité, mais également des revenus financiers ;
- Prévoir une évolution négociée des régimes spéciaux, dans toute leur diversité financière, démographique, historique, dans le cadre d’une négociation globale des retraites des Français, dans le souci d’assurer la pérennité du système par répartition ;
- Affirmer la nécessité d’une négociation dans le respect de tous les partenaires sociaux, récusant ainsi toute tentation autoritaire et toute tentative de passage en force.
L’ Education Nationale avec une perte de 15 000 postes paiera le plus lourd tribut. Alors même que le ministère prévoit 20 000 élèves de plus à la rentrée 2008, comment croire, dans ces conditions, à la volonté affichée de donner la priorité à l’éducation ?
Dans les écoles, ces mesures signifieront :
• Une entrée en maternelle de plus en plus tardive après une inscription prolongée sur des listes d’attente,
• Un alourdissement des effectifs par classe,
• La réduction des aides aux enfants en difficulté,
• La remise en cause de la scolarisation des enfants en situation de handicap,
Dans les collèges et lycées, ce sera :
Une amputation de l’offre d’enseignement avec des choix réduits d’options, une réduction dans la diversité des voie de formation voire même une réduction des horaires d’enseignement
Pour tous les enseignants ce seront des conditions de travail déjà bien délicates qui vont encore se dégrader et ce ne sera ni dans l’intérêt des enfants et des jeunes, ni dans celui de leur famille.
Ces amputations budgétaires conduisent à l’évidence à confier une partie de l’enseignement (disciplines artistiques, sport scolaire, soutien individualisé…) à des personnels extérieurs à l’Education Nationale.
Elles compromettent l’objectif d’assurer la réussite de tous et laissent présager un nouveau creusement des inégalités.
Malgré ces réserves, nous souhaitons à tous les enfants et jeunes robinsonnais en âge scolaire ainsi qu’à leur famille une année couronnée de réussites.
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