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lundi 15 juin 2009

Après la défaite... rassembler pour se rénover

Dimanche dernier, le Parti Socialiste a subi une lourde défaite aux élections européennes. Toutes les conditions étaient pourtant réunies, dans un contexte de crise économique et sociale et de contestation généralisée pour que les électeurs fassent le choix des socialistes et des sociaux-démocrates réunis, pour changer l’Europe.

Si cette élection est un échec pour le PS, il ne l’est pas pour la Gauche qui arrive loin devant la droite qui peine à décoller des 30%. Les faibles scores du NPA et du Front de Gauche montrent que la radicalité à gauche n’a pas fonctionné et le faible score du MODEM l’empêche désormais de se positionner comme un acteur central du changement.

Saluons alors le succès d’Europe écologie qui sort incontestablement comme le grand vainqueur de cette élection. Peut-être tout simplement parce que ce rassemblement, certes hétéroclite mais véritablement divers a su parler d’avenir, en embrassant l’ensemble des problématiques agitant la société européenne, alors que nous restions désespérément dans le présent.

Pour autant, quand l’essentiel des partis sociaux démocrates européens se font balayer en même temps, point de coïncidence. La lame de fond de ces élections doit évidement nous interroger plus profondément. Si les valeurs de la social-démocratie ne sont pas en cause, notre projet commun n’arrive plus à emporter l’adhésion. Ne pas le voir et l’accepter serai mortifère pour nous.

Paradoxalement, au moment où le projet social-démocrate du siècle dernier triomphe idéologiquement, ce triomphe est aussi une cause puissante de notre échec électoral. Nous n’avons pas vu ou plutôt intégré que même les droites les plus libérales étaient devenues interventionnistes, au moins dans les mots. Sur le plan de relance, nous n’avons finalement rien dit d’autre, que nous ferions plus et mieux. Le projet social-démocrate y a perdu en crédibilité et en lisibilité.

Sur la base de nos valeurs (la lutte contre les inégalités, le progrès humain, l’émancipation…), la social-démocratie européenne doit s’attaquer à la construction d’un nouveau projet pour le siècle avenir, basé non plus sur la régulation et la réparation uniquement, mais aussi sur la prévention et l’anticipation.

Par conséquent et par exemple, la question n’est plus de savoir comment limiter ou corriger les inégalités, mais véritablement comment les prévenir, comment les attaquer à la base. Nous avons pourtant ouvert ce débat avec, entre autres, la théorie de « l’égalité réelle » défendue par DSK ou les propositions de Ségolène autour du « Service public de la petite enfance ».

Nous n’avons simplement pas aboutis, surtout par trop de méfiance entre nous. De la méfiance, il faut passer à la confiance… à la discussion, au partage et à l’humilité. Le pire danger pour le socialisme aujourd’hui c’est l’immobilisme. C’est donc à cette nouvelle réflexion qu’il faut nous atteler. Car les champs d’exploration sont infinis. Car les champs des discriminations qui provoquent l’inégalité réelle sont infinis.

Saluons à ce titre la triple volonté réformatrice de Martine Aubry qui veut à la fois la refondation de nos idées, la refondation de la gauche et la refondation de notre parti. Il faut supporter ce mouvement. Il est salvateur.

Nombre de voix se sont exprimées également au cours de notre Conseil National pour porter la volonté de construire la Maison Commune de la gauche que Martine a évoqué dans son discours introductif. Pour paraphraser Benoît Hamon au CN, le parti socialiste se rénovera en se dépassant.

Les primaires à gauche ont fait l’objet de toutes les attentions du Conseil National. Elles doivent définitivement être considérées comme un moyen et non comme une fin. Il est urgent que le Parti Socialiste s’engage dans une véritable démarche de construction partagée d’un projet avec l’ensemble de la gauche démocratique, politique, associative et syndicale.

Il s’agit pour le Parti Socialiste d’arrêter de penser que notre rôle et de traduire les aspirations des Français quand il s’agit de partager et de porter ensemble. Sans préalable, c’est avec l’ensemble de la gauche qu’il nous faut bâtir, partager et défendre un projet commun.

Allons au bout de ce processus. Engageons-le dès aujourd’hui. A la fin, il en sortira un candidat. Pour l’heure la question n’est pas là.

dimanche 01 mars 2009

Liste socialiste en Ile de France - Européennes 7 juin 2009

1 HARLEM DESIR
2 PERVENCHE BERES
3 BENOIT HAMON
4 MONIQUE SALLIOUX
5 ALAIN RICHARD
6 MICHELE SABBAN
7 GUILLAUME BALLAS
8 LUCILLE SCHMIDT
9 PATRICK MALIVET
10 CLAIRE EDEY
11 OLIVIER FAURE
12 ADOLE ANKRAH
13 AKLI MELLOULLI

SUPPLEANTS
1 ESTELLE RODES
2 BENOIT MARQUAILLE
3 PACOME ADJOUROUVI
4 THOMAS PETIT
5 ELLA KRIBI
6 GAYE MAMADOU
7 ELISABETH GUY DUBOIS
8 DENIS GETTLIFFE
9 PINA CELINE
10 MARIO GONZALEZ
11 ANGELE LOUVIER
12 ISMAELA WANE
13 CORINNE BORD

jeudi 27 novembre 2008

« Être sur tous les terrains pour défendre les Français »

Martine Aubry a été élue Première secrétaire du Parti socialiste, à l’issue du Conseil national du 25 novembre. Pour son premier discours comme première des militantes, la maire de Lille a fixé une feuille de route collective : rassemblement et renouvellement profond, dans une ligne politique clairement ancrée à gauche.

Chers camarades, mon premier mot est : merci.

Le second va immédiatement à Ségolène pour lui dire : ensemble, on va gagner pour les Français. J’en suis convaincue.

C’est bien sûr avec beaucoup d’émotion et de gravité que je reçois la responsabilité que vous me confiez aujourd’hui. Je pense d’abord aux femmes. Aux femmes qui se sont battues avant nous pour qu’existe une parité en politique : après que Ségolène a été la première femme en France portée jusqu’au second tour de l’élection présidentielle, je suis fière, au nom de toutes celles qui se sont battues, d’être la première femme Première secrétaire du Parti socialiste.

C’est une responsabilité lourde, et je ne peux l’accepter que parce que vous êtes là, vous les quelque 200 000 militants du Parti socialiste.

Cette responsabilité de Premier secrétaire a été tenue par des hommes exceptionnels, François Mitterrand, Pierre Mauroy - que chacun comprendra que je salue particulièrement -, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli aussi et bien sûr toi, François, à qui je pense tout particulièrement ce soir.

Je voudrais d’abord m’adresser aux militants. Aux militants parce que, dans ce congrès, jour après jour, soir après soir, j’en ai rencontré beaucoup. Tous ont défendu ce qu’ils croient profondément. Ils l’ont fait par fidélité aux valeurs du socialisme et parce qu’ils avaient la conviction que leurs réformes étaient les bonnes pour notre Parti et pour les Français.
Je crois que nos débats et nos échanges ont été à la hauteur de ce qu’est notre Parti :  un immense parti démocratique.
Alors, on peut rire, on peut se moquer de nos débats, de nos discussions, mais j’ai envie de dire à la droite : riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine, le Parti socialiste est de retour dans les rues, avec des propositions. Et uni !

Je voudrais dire à tous les militants : bravo pour ce travail. Je voudrais dire à Ségolène et à ses amis - dont je comprends aujourd’hui la déception tout à fait naturelle - que tous, nous avons tous défendu ce que nous croyons juste.
Je crois que si nous voulons changer ce parti, il faut d’abord accepter que nous puissions penser différemment, en nous respectant et j’irai même plus loin, penser différemment en nous faisant confiance. En s’accordant mutuellement le crédit qu’en chacun d’entre nous, réside un seul souci, servir les Français et pour servir les Français : servir le Parti socialiste.
Si nous arrivons dans les jours, dans les mois qui viennent, à donner des signes concrets de cette unité du Parti et de l’ensemble des militants, le congrès de Reims restera comme un congrès utile. Il aura permis à notre parti de changer profondément à un moment où le monde a changé et où les militants nous l’ont demandé, comme ils nous ont demandé de nous renouveler.
Voilà l’état d’esprit qui est le mien.

Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu et les résultats extrêmement serrés qui en découlent ne me donnent que des devoirs. Le premier est, si elle l’accepte, de rencontrer Ségolène. J’ai entendu, comme elle, ce que nous ont dit les militants à Reims et derrière les militants ce que nous ont dit les Français : « Nous voulons retrouver la politique et la gauche, nous voulons un Parti socialiste qui nous défende alors que nous n’avons même plus le courage de nous battre. Trop souvent nous avons l’impression que nos voix ne sont plus entendues par les pouvoirs en place. » Oui, nous allons revenir avec les valeurs qui sont les nôtres, mais aussi avec les réponses d’aujourd’hui, ce qui nécessite beaucoup de travail.

Les militants nous ont dit aussi : « Il faut renouveler profondément le Parti socialiste, ses pratiques, son fonctionnement. » (…)

Notre prochain Conseil national aura lieu le samedi 6 décembre. Une orientation politique et une majorité ont été dessinées lors du congrès. Cette ligne politique, ancrée à gauche, nous impose d’être sur tous les terrains pour défendre les Français ; ceux qui sont inquiets devant les licenciements à venir, pour défendre les Français qui perdent en pouvoir d’achat, pour défendre les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, pour être capable dès le week-end prochain d’être auprès de nos camarades des partis socialistes et sociaux-démocrates européens pour changer l’Europe,
Il devra y avoir dans les équipes que nous allons constituer des changements profonds. Il faut renverser la table : bien sûr de nouveaux visages, des hommes et des femmes de tous les territoires et de toutes les cultures aux couleurs de la France, une parité absolue dans toutes nos instances ; mais il nous faut aussi changer nos attitudes, nos comportements. Il faut nous rouvrir sur la société, accueillir, écouter des hommes et des femmes qui ont envie de construire un projet de gauche face à cette loi du plus fort que nous impose le libéralisme, face à cette puissance du financier par rapport à l’économie, face à ces inégalités qui s’accroissent dans notre pays et dans le monde.

Il faut faire appel à eux, il faut leur dire :  « Le Parti socialiste est à nouveau ouvert pour travailler avec vous ».

Mon devoir, dans les heures qui viennent, est de faire en sorte que, sur un cap choisi par les militants au congrès, nous soyons capables d’être unis dans un mode de fonctionnement que je vous proposerai, où les élus trouveront toute leur place. Car rien n’est plus étonnant aujourd’hui de voir combien les Français nous font confiance, là où nous sommes, et parfois même nous plébiscitent dans nos villes, dans nos départements et dans nos régions et de constater que nous n’utilisons pas cette force extraordinaire des élus et des militants pour construire le projet de demain. Là aussi, il faudra que cela change.

Nous avons aussi des députés et des sénateurs qui s’opposent aux lois de Sarkozy et aux amendements qui arrivent nuitamment, comme encore dernièrement, pour pousser la retraite à 70 ans. Ces mauvais coups-là, nous devons les affronter ensemble, parlementaires et Parti. Il faut que nous débattions avec les présidents des deux groupes parlementaires, il faut que nous soyons unis pour combattre la droite, mais aussi pour contre-proposer car c’est aussi cela qu’attendent les Français.

Tous les jours on nous annonce un cadeau fiscal pour les plus riches, tous les jours nous apprenons un recul dans le domaine social, que ce soit à la Poste, dans l’audiovisuel, le développement du contrat à durée déterminée… Dans nos collectivités locales nous luttons souvent isolément pour amortir ces attaques de la droite, nous devrons désormais le faire ensemble au sein de notre Parti pour démultiplier nos forces.

Nous avons donc le devoir d’être ensemble. La situation l’exige et nous avons le devoir de nous mettre au travail pour être, dans deux ans, capables de fournir le projet qui permettra à celui ou à celle qui alors sera choisi, de représenter nos couleurs.

Je veux le dire simplement, je veux une équipe unie où toutes les sensibilités se sentent bien. L’équipe unie ne veut pas dire que l’on oublie ses fidélités, je ne demande à personne d’abdiquer ce qu’il est, ce à quoi il croit, la personne à laquelle il est attaché. C’est cela aussi la politique des liens d’affection, de fidélité qui se nouent. Ce que je demande à chacun c’est de dire d’abord : nous sommes tous socialistes nous voulons porter en avant notre parti pour que les Français, à nouveau, retrouvent l’espoir.

Nous avons une feuille de route collective à mettre en place dès demain : rassemblement, renouvellement profond, et travail.

Nous allons le faire, ensemble, pour incarner à nouveau l’espoir. Nous devrons nous dépenser sans compter. Je sais qu’il faudra beaucoup de courage et de ténacité mais je sais que chacun d’entre vous pense actuellement aux militants et aux Français qui, depuis quelques jours, observent ce qui se passe dans notre parti et se lamentent.
C’est en pensant à eux et en pensant à tous les militants que je dis : rassemblons-nous, unissons-nous autour d’une ligne de gauche, celle que nous avons voulue lors de notre congrès, mais aussi autour d’un profond renouvellement qui fera que le Parti socialiste, si j’osais, soit le nouveau Parti socialiste : Qu’il garde l’essentiel, les valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité qu’il a toujours défendues.

dimanche 23 novembre 2008

Ça suffit - lettre ouverte à Manuel Valls

Cher camarade, cher Manuel,


Hier sur mon blog,  Bénédicte du Finistère a écrit : J'ai dans ma famille 5 militants actifs du parti socialiste. Ils sont tous d'accord sur un projet de société, même s'ils se sont autrefois disputés sur la question européenne, ont des sensibilités différentes et ont donc voté pour les trois candidats au premier tour. S'ils se comportent comme les différents lieutenants des deux candidates au poste de premier secrétaire (vous noterez le terme militaire, c'est vrai qu'on a l'impression d'être en guerre) que va donner la prochaine réunion de famille ?

Je crois qu'elle a parfaitement raison et que le spectacle qui est actuellement donné aux militants et aux français est purement et simplement catastrophique. La crise économique est à son apogée, les chiffres du chômage sont en train d'exploser. De manière générale la politique de Nicolas Sarkozy produit les effets que nous avions annoncés. Ils sont pourtant mobilisés les Français, contre la privatisation de la Poste, contre la politique Hortefeux, contre la casse de l'éducation nationale... Mais ils ont le sentiment que nous les avons abandonné au terme d'un congrès qui n'a que trop duré parce que pendant des mois nous n'avons parlé que de nous.

Nous pensions que dès demain, lundi, cela changerait. Il n'en est visiblement rien. 

Alors mon cher Manuel, ça suffit !!!

Je t'ai regardé aujourd'hui sur Canal + et je voulais te dire que tes propos m'ont profondément choqué.

Tu évoques des irrégularités massives, des cas de tricheries. Tu pointes de  nombreuses erreurs dans la centralisation des résultats... pour finalement peindre le tableau d'un processus démocratique qui n'aurait été qu'une "vague fumisterie". Tu en profites pour demander que l'on revote et évoque même l'idée d'agir en justice. 

Ton attitude est déplacée, irresponsable et indigne. Tes propos sont une insulte aux dizaines de milliers de militants de toutes sensibilités qui ont donné de leur temps bénévolement, comme dans mon département, pour organiser et contrôler cette élection. Tu fais planer le doute sur leur probité, sur leur intégrité. Tu aurais mieux fait de saluer leur engagement. 

Des cas litigieux ont été enregistrés, et des erreurs manifestes ont été constatées, dans différents départements, au détriment de Martine comme de Ségolène, d'ailleurs. Mais toi comme Ségolène samedi soir sur TF1 n'avaient pas hésité à évoquer "des méthodes d'un autre âge" remettant en cause la sincérité de l'ensemble du scrutin. Je te rappelle qu'il ne s'agit que de quelques centaines de voix alors que 130 000 militants ont voté. 

Au regard du résultat final qui est serré, ces quelques centaines de voix sont évidemment déterminantes et il est bien normal que toutes les erreurs ou irrégularités constatées puissent être examinées. C'est  ce qui se passera demain en commission. Et ses conclusions seront présentées mardi au Conseil National qui finalement tranchera. Ce processus est habituel dans notre parti. Mais tu sembles avoir oublié nos règles communes qui font notre "vivre ensemble".

Tu n'as pas hésité également, parce qu'un décalage de 20 voix dans un bureau de Lille est apparu, à annoncer que tu portais plainte pour un faux en écriture, condamnant sans autre forme de procès les militants du Nord et son premier fédéral. Ce dernier a porté plainte en diffamation et j'espère sincèrement que tu seras condamné pour ton inconséquence ! 

Cédric Vangoethen, mandataire de Ségolène dans le nord, visiblement un peu plus responsable que toi, se refuse d'ailleurs aujourd'hui dans rue 89 à parler de manipulations ou d'irrégularités et il annonce plus prudent que toi " ça peut-être une simple erreur de retranscription, j'attends les PV officiels". Tu ferais bien de faire de même.

Depuis la nuit de vendredi à samedi tu as passé ton temps à expliquer que tu ne te ferais pas voler TA victoire, ensuite que la victoire de Ségolène était inéluctable. Tu as déclaré ce midi sans appel que Ségolène était la nouvelle première secrétaire, qu'elle seule incarnait le changement et qu'il ne pouvait en être autrement. Ton discours est à ce titre incohérent et contradictoire. Tu es en fait incapable de te résigner au vote des militants. Il me semblait pourtant que le respect de ce dernier avait été un point central de ta campagne.

Depuis 48 heures, tu as utilisé les médias pour jeter l'opprobe, sur tes camarades. Tu discrédites le parti. Tu remets en cause notre processus démocratique qui devrait être notre fierté en comparaison au "caporalisme" de l'UMP. C'est inacceptable et écoeurant. C'est insultant et si tu es sans aucun doute un dirigeant du parti je doute aujourd'hui que tu en sois un responsable. 

Alors, il est temps que tu reviennes à la raison, au bon sens et que tu remettes en avant l'intérêt général plutôt que ton intérêt particulier. 67% des Français et 63% des sympathisants ne veulent pas que l'on remette en cause le vote des militants. Alors examinons les problèmes et rectifions les erreurs, c'est justice. Et donnons mardi un premier secrétaire à notre parti pour nous mettre au travail ensemble, si tu en es encore capable.

Les militants sont fatigués et les Français sont écoeurés. Pourtant ils continuent à croire en nous. Ils continuent de nous attendre pour faire front tous ensemble et résister à Nicolas Sarkozy. Voilà ce dont tu devrais te préoccuper.

Je t'adresse mon cher Manuel mes mes plus fraternelles amitiés socialistes parce qu'à 35 ans et après 20 ans d'engagement militant dans notre parti, je crois encore sincèrement et profondément en lui. 

Et toi ?

Benoît Marquaille
Conseiller municipal du Plessis Robinson
Premier secrétaire fédéral adjoint du PS 92

mardi 18 novembre 2008

Appel de Bertrand DELANOE, 1er signataire de la motion A à voter pour Martine AUBRY

DelanoeaubryCher-e camarade,

Le congrès de Reims n’a pas permis à notre Parti de s’unir autour d’une ligne politique majoritaire. Je le regrette profondément tout comme je regrette l’image que nous avons offerte aux Français. Pour notre part, membres de la motion A, nous souhaitions un rassemblement avec la motion D et C dont nous aurions voulu déduire une candidature. En dépit de nos efforts réels et sincères, cela n’a malheureusement pas pu aboutir.

Plus que jamais, nous considérons que les français ont besoin d’un instrument capable de proposer des réponses opérationnelles à leurs souffrances sociales, à leur perte de confiance et de repères, et à ce qu’ils éprouvent face à une politique gouvernementale brutale et injuste.

Notre responsabilité est donc immense. Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s’exprimer, par son vote, sur ce qui est l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims: L’identité même du Parti socialiste.

Au nom de mes convictions politiques, j’ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.

J’entends, à l’avenir, défendre plus que jamais, les principes qui fondent mon engagement, au service d’une efficacité de gauche: un projet progressiste, écologiste, dédié à la justice sociale; un idéal européen assumé, qui nous conduit à travailler, vraiment, avec nos amis sociaux démocrates afin de trouver ensemble un débouché de gauche à la crise actuelle; une stratégie d’alliance claire, qui implique de s’ouvrir à toutes les formations de gauche, mais à rejeter l’ambiguïté d’alliances avec un parti qui se refuse à différencier la droite de la gauche.

Dans les circonstances graves qu’affrontent notre parti et notre pays, il faut choisir.
De ce vote dépend manifestement l’avenir et la conception même du Parti socialiste.

En toute amitié, mais avec l’intensité liée à ce moment, je souhaite te convaincre de voter au nom d’une certaine idée du socialisme.

Fraternellement,

Bertrand Delanoë

lundi 17 novembre 2008

Appel de Martine Aubry, candidate au poste de Premier secrétaire du PS

AubrycandidateCher-e-s camarades,

Les Français vont mal. Ils sont inquiets pour l’avenir alors que notre pays s’enfonce dans la récession, le chômage et les inégalités. Ils savent que Nicolas Sarkozy les a floués.

C’est en pensant à eux que je me suis engagée dans ce congrès.

Parce que face à une droite dure, il faut une gauche forte. Parce que face à un monde que le capitalisme financier emmène droit dans le mur, nous devons être porteurs d’un nouveau modèle dans lequel la question sociale est au cœur, où l’économie réelle reprend le pas sur la finance et où l’écologie sort des discours pour entrer dans les faits. Il nous faudra défendre les services publics attaqués actuellement par la droite, l’hôpital public et bien sûr la poste, mais il nous faudra en créer de nouveaux comme le service public de la petite enfance ou la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Je n’oublie pas le combat pour la laïcité au moment où le président de la République en appelle aux religions avant de qualifier la laïcité de positive pour mieux la disqualifier.

Parce que le 6 novembre, vous avez choisi d’exprimer une double demande d’un Parti fermement ancré à gauche et décidé à se renouveler. Je regrette avec vous que nous n’ayons pas réussi à nous rassembler à Reims autour d’une orientation. Mais je suis confiante parce que la décision est de nouveau dans vos mains.

J’ai décidé d’être candidate pour être votre première secrétaire, au cœur d’une équipe soudée, engagée, avec de nouveaux visages, une nouvelle génération de militants aux couleurs de nos territoires et de toutes les cultures présentes en France.

Je veux, avec vous, écrire la page d’un socialisme renouvelé, ancré dans la gauche efficace, crédible. La gauche qui assume la réforme et reste fidèle au mouvement ouvrier et aux idéaux des Lumières en retrouvant tout simplement les missions des socialistes : émanciper chaque homme et chaque femme, maîtriser notre présent et préparer l’avenir et faire une vraie civilisation porteuse de fraternité entre les hommes et les femmes quel que soit leur territoire ou leur culture.

Je veux, avec vous, un Parti Socialiste profondément européen.

Je veux, avec vous, rassembler le plus largement autour de cette ligne et de ces objectifs pour notre parti, pour la France et pour l’Europe.

Je veux garder un parti de militants, je veux défendre les alliances avec les seuls partis de gauche.

Je veux en tout état de cause garantir l’unité de notre Parti.

J’y mettrai toute mon énergie et ma passion.

Pour notre réussite.

Pour retrouver un avenir à notre Parti.

Pour redonner l’espoir aux Français.

Martine Aubry

Ce qui s’est vraiment passé à Reims

De la première à la dernière heure du Congrès, Martine Aubry et les délégués de la
motion D ont cherché à bâtir une majorité nouvelle, cohérente à gauche, durable et crédible
pour le Parti socialiste. Avec une exigence : répondre aux problèmes des Français. Avec une
constance : ne pas poser comme un préalable la candidature de Martine au poste de premier
secrétaire.
Durant le débat général, les camarades qui se sont exprimés en notre nom (Guillaume
Bachelay, Laurent Baumel, Gwenegan Bui, Jean-Christophe Cambadélis, Fayçal Douhane,
Marilyse Lebranchu, Sandrine Mazetier, Marietta Karamanli, Arnaud Montebourg, Alain
Vidalies, Henri Weber) ont porté avec force les idées de la motion « Changer à gauche pour
changer la France » : le réarmement de la puissance publique territoriale, nationale et
européenne face à l’échec des politiques libérales ; la priorité à la question sociale et la
défense des salariés, des retraités, des locataires, des jeunes ; l’attachement à l’école de la
République et à la laïcité ; le besoin de réorienter l’Europe pour la rendre plus innovante et
plus solidaire ; le refus de la présidentialisation du parti et de la droitisation de ses alliances ;
le souci de dépasser les anciens clivages dans le parti pour le remettre au travail collectif ; le
nécessaire renouvellement des pratiques et des équipes.
A la tribune, les représentants de la motion E ont multiplié les interventions
contradictoires, cachant délibérément les soutiens de ce qu’ils appellent le « vieux parti ».
C’est ainsi que pour la première fois depuis Epinay, la fédération des Bouches-du-Rhône n’a
pas parlé dans un congrès du PS et que la fédération de l’Hérault a été priée de se faire toute
petite. Ce zapping est l’expression de l’absence de clarté de cette motion, qui alterne entre les
discours de l’ultra-gauche interdisant les licenciements et ceux pour le moins pondérés du
maire de Lyon. On ne peut prôner en même temps l’attachement à l’histoire du mouvement
socialiste depuis Jaurès et envisager des alliances avec le centre droit pour le futur. On ne peut
constater la crise du capitalisme financier et, en même temps, faire largement l’impasse sur
les moyens d’obtenir un nouveau partage de la richesse. On ne peut pas prétendre rassembler
sa famille devant les militants et, pendant trois jours, la critiquer durement devant les
caméras.
C’est dans l’après-midi de samedi que s’est cristallisé la différence non pas entre deux
approches du socialisme, mais entre le socialisme et autre chose. Elle s’est matérialisée en
direct et devant les 4 000 délégués du congrès à travers les discours : celui de Ségolène Royal
d’une part, celui de Martine Aubry, mais aussi ceux de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon,
d’autre part.
L’intervention de Ségolène Royal a triplement troublé la majorité du congrès : par son
style rhétorique, emprunt de religiosité et de personnalisation, alors que le socialisme
démocratique, c’est le refus de la mystique comme politique et le « nous » plutôt que le
« je » ; par sa confusion idéologique, ses silences sur la question salariale, sa réduction de la
puissance publique à la seule intervention locale ; sa dénonciation implicite et permanente de
notre parti réduit au « vieux parti ». Mais c’est sur le terrain stratégique que Ségolène Royal a
semé le plus grand trouble : si elle est désignée premier secrétaire, a-t-elle promis, elle
procédera à un référendum militant sur les alliances. Comme si les militants et les élus
socialistes ne s’étaient pas prononcés clairement le 6 novembre en choisissant, pour 70 %
d’entre eux, des motions affirmant noir sur blanc leur refus de tout renversement d’alliances,
du renoncement au rassemblement de la gauche au profit d’un pacte avec le MoDem ?
Lui succédant à la tribune, Martine Aubry a incarné tout simplement le Parti socialiste,
celui que nous aimons et que nous servons. Un parti qui mène le combat face au capitalisme
financier en échec, qui rassemble une gauche forte face à une droite dure. Un parti qui renoue
avec le mouvement social, les associations, les syndicats, les mouvements d’éducation
populaire, les chercheurs et scientifiques, les intellectuels et le monde de la culture. Un parti
qui ouvre les portes et les fenêtres pour porter un projet de transformation sociale, pas pour
devenir un fan club applaudissant une ligne politique fluctuante au gré des sondages
d’opinion. Un parti qui met la question sociale et la construction européenne au coeur de son
projet, non pour les distinguer ni les opposer, mais parce que l’Europe qui protège et qui
progresse est la réponse socialiste à la récession économique et au funeste « choc des
civilisations » prôné par Bush et d’autres. Un parti qui pense qu’en démocratie médiatique, le
rôle des responsables et des militants est de s’adresser aux Français comme à des citoyens
doués de raison, pas comme à des consommateurs dont il faudrait exciter les passions, les
émotions, les instincts. Un parti qui débat collectivement pour bâtir son projet avec des
conventions nationales, qui s’appuie sur les sections et les collectivités locales pour nourrir sa
réflexion, qui s’oppose de façon carrée à la casse sociale Sarkozy-Fillon. Un parti qui change
en faisant toute leur place au renouvellement générationnel, à la parité, à la diversité, qui
s’ouvre sur les quartiers populaires, jette des ponts avec le monde des PME et de l’économie
réelle, confronte sa vision avec celle de nos camarades sociaux-démocrates européens. Un
parti qui ne calque pas son discours sur l’immigration, la nation, l’Etat sur celui des
conservateurs. Un parti qui réaffirme son attachement au rassemblement de toutes les forces
de gauche, affirme fièrement ses valeurs pour une gauche décomplexée sans se laisser
impressionner par l’extrême gauche, s’adresse aux électeurs et non aux appareils pour les
convaincre de voter socialiste afin de tourner la page du chiraco-sarkozysme. Si nous relevons
ces défis, si nous les menons à bien, alors le Parti socialiste mettra fin à vingt ans sans victoire
présidentielle et à plus de dix ans d’échec aux législatives. Il redonnera un espoir à des
millions de Français confrontés au chômage, au déclassement, au démantèlement des services
publics, au recul des droits et des libertés. Ce chemin dessiné par Martine a soulevé
d’enthousiasme le congrès et a suscité de longs, de chaleureux applaudissements des délégués
des motions D, mais aussi A et C.
Cette commune vision de la politique, de la gauche et du Parti socialiste entre amis de
Martine Aubry, de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon, nous avons voulu lui donner une
traduction politique lors de la commission des résolutions, qui s’est ouverte samedi soir.
Dans le respect de nos différences avec Ségolène Royal et ses partisans – c’était pour
nous une évidence. Comme c’est normal, la motion E, arrivée en tête lors du vote sur les
textes d’orientation, a eu la possibilité d’organiser le rassemblement autour de ses
propositions. Elle s’y employait depuis sept jours sans succès, il était peu probable qu’elle y
parvînt en quelques heures. D’autant que loin de rassurer sur des points essentiels – la hausse
des salaires et des pensions, le partage de la richesse et la fiscalité, la réorientation
européenne, la nature du parti et l’alliance avec le MoDem –, le discours de Ségolène Royal
un peu plus tôt avait suscité l’inquiétude des motions A, C et D. En particulier, à propos des
alliances, Bertrand Delanoë, Henri Emmanuelli et Alain Vidalies ont répété avec solennité le
message fort délivré l’après-midi même par Laurent Fabius : « Ce sont les alliances qui
donnent ou qui retirent sa crédibilité à la ligne politique. »
Sur cette base, les motions A, C et D ont donc dit, avec respect mais dans la clarté,
leur impossibilité de bâtir une orientation politique à vocation majoritaire autour de la ligne
proposée par la motion E. Dès lors, les représentants de celle-ci ont décidé de semer le trouble
au sein de la commission en multipliant des provocations. Vincent Peillon a réaffirmé « la
main tendue de la motion E » : mais comment croire dans cette intention de rassemblement
fondée sur des positions qui divisent le parti sur le smic, la fiscalité, la nature du parti et ses
alliances ? A propos du MoDem, la motion E n’a cessé de souffler le chaud et le froid. Quoi
de commun entre Vincent Peillon pour qui « les engagements sont clairement avec la
gauche », Julien Dray qui évoque « la campagne de Mitterrand en 1988 et l’alliance avec le
centre », François Rebsamen qui invite à « ne pas parler qu’avec la gauche pour gagner les
élections nationales et locales » et Ségolène Royal qui parle de « malentendu » et propose de
« faire synthèse sous cette réserve en faisant trancher plus tard la question par un référendum
militant » ? Puis, Ségolène Royal a qualifié « d’étrangeté politique » l’attachement à une
clarification idéologique et politique formulée conjointement par les motions A, C et D : par
des mots simples et forts, Bertrand Delanoë a eu raison de répondre qu’« il n’y a rien
d’étrange à ne pas être d’accord » et que « nos différences sont suffisantes pour qu’elles ne
se règlent pas par des amendements. » Faisant l’impasse sur les divergences profondes entre
la motion E et les autres motions, Jean-Jack Queyranne a parlé de « procédé scandaleux » :
comme si le scandale ne consistait pas à avoir prévu, avant même d’entrer en commission des
résolution, de la quitter avant son issue, d’en avoir d’ailleurs prévenu certains médias, de
rechercher l’affrontement à l’intérieur pour se poser en victimes à l’extérieur, selon le
scénario désormais bien rodé de Ségolène Royal ?
Dès lors, François Hollande, qui présidait la réunion, a constaté l’incapacité de la
motion E à rassembler les socialistes et proposé à la motion A, arrivée en deuxième position,
de tenter d’y parvenir. La motion E a alors quitté la séance avec fracas, laissant en réunion des
« observateurs silencieux », pour s’adresser à la presse à l’extérieur et, une fois de plus,
attaquer le Parti socialiste, ses règles et ses discussions démocratiques, et fustiger les
représentants des trois quarts des militants n’ayant pas voté pour la motion E quelques jours
plus tôt. C’est donc bien la motion de Ségolène Royal et de ses amis qui a empêché la
commission des résolutions d’être ce moment de dépassement des clivages et de
rassemblement des socialistes.
Avec gravité et esprit de responsabilité, Bertrand Delanoë a proposé une suspension de
séance afin que les motions A, C et D puissent s’entretenir afin d’élaborer « une plateforme
politique à vocation majoritaire » et un « dispositif humain partagé ». Martine Aubry et
Benoît Hamon ont répondu favorablement à cette démarche.
Deux groupes se sont donc constitués. L’un (composé d’Alain Bergounioux et Jean-
Pierre Caffet pour la motion A, de Philippe Dariulat et Liem Hoang Ngoc pour la motion C,
Jean-Marc Germain et Guillaume Bachelay pour la motion D) a travaillé à l’élaboration d’un
texte commun à soumettre le lendemain aux délégués afin de sortir du congrès avec une
orientation claire et majoritaire, celle d’un parti réformiste et européen, ancré à gauche dans
son programme et ses alliances. Ce texte n'a pas été finalisé mais il existe d'ores et déjà les
bases du rassemblement autour d'une orientation majoritaire.
L’autre groupe n’a pu aboutir, faute d’accord des trois motions sur le nom du candidat
au premier secrétariat qui porterait cette ligne majoritaire. Tout au long de cette négociation
Martine Aubry a eu le souci du collectif en refusant de faire de sa candidature un préalable.
De retour en séance, François Hollande a constaté l’échec du rassemblement des
motions A, C et D, le débat sur le nom ayant pris le pas, pour certains, sur l’enjeu de
l’orientation. Bertrand Delanoë a confirmé et regretté cet échec. Martine Aubry aussi. Benoît
Hamon a maintenu sa candidature. A deux heures et demie du matin, les débats se sont
achevés avec, pour les représentants de la motion D, une réelle déception, le sentiment d’avoir
privilégié mais sans succès le besoin d’une offre politique claire et commune pour conjurer le
risque d’un changement de nature et d’alliances du Parti fondé par François Mitterrand.
Dimanche matin, consciente de la gravité de la situation, soucieuse d’assumer sa
responsabilité politique, désireuse de protéger le Parti socialiste que nous voulons – un parti
porteur d’une crédibilité de gauche face à un pouvoir de droite –, constatant que la motion A
ne désignait aucun candidat, refusant dans cette hypothèse une victoire plus que probable de
Ségolène Royal, , Martine Aubry a annoncé sa candidature au poste de premier secrétaire du
Parti socialiste. S’exprimant devant les délégués du congrès, elle s’est inscrite dans la fidélité
au message adressé par les militants lors du vote sur les motions : un Parti socialiste fort et
fier. Avec émotion, autorité et conviction, Martine a résumé l’enjeu de jeudi été vendredi
prochains : « Les militants veulent un parti ancré à gauche, un parti rénové et qui dit : "Non,
Monsieur Sarkozy, il n'y pas de liberté sans égalité". C'est cela que je défendrai devant les
militants en votre nom et si je peux me permettre en votre nom à tous. »

lundi 10 novembre 2008

Congrès du Parti socialiste des Hauts-de-Seine - Résolution sur la situation au Congo

A notre congrès d'Asnières samedi 8 novembre, notre congrès a également adopté sur ma proposition une résolution importante sur la situation dramatique dans la Région du Nord Kivu au Congo.

Les socialistes des Hauts-de-Seine s’inquiètent de la dégradation de la situation dans la région des grands lacs depuis cet été et de l’intensification des combats au Nord-Kivu dans la région de Goma.

Les casques bleus n’ont pas pu intervenir pour faire respecter un cessez-le-feu qui semble chaque jour plus virtuel. L'organisation américaine Human Rights Watch accuse les rebelles tutsis comme les milices Maï-Maï soutenues par Kinshasa d'avoir délibérément tué des civils lors de leurs affrontements à Kiwanja, cette semaine au nord de Goma. "Les casques bleus sont simplement incapables de protéger les civils qui sont la cible d'attaques délibérées", a déclaré une chercheuse de l'organisation.

Ces derniers jours, alors qu’une trêve avait été décrétée, de nouveaux combats, ont été signalés à coups de mortier, de mitrailleuses et de grenades RPG près du camp de Kibati, au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Des camps de réfugiés ont été vidés et brûlés. Quelques 250 000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats dans l'est de la RDC en août, portant à plus d'un million le nombre total de déplacés. L'ex-général leader de la rébellion affirme protéger la minorité tutsie contre les attaques des miliciens hutus rwandais réfugiés dans l'est de la RDC après avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda.

On craint que nombre d'entre eux, en grande partie hutus, n'errent dans la brousse à la recherche de refuges après avoir fui l'avance des rebelles tutsis du général rebelle Laurent Nkunda, mais aussi les tueries, viols et pillages imputés à l'armée régulière congolaise en déroute.

Nous pouvons craindre aujourd’hui une nouvelle internationalisation du conflit. Les rebelles accusent en effet le gouvernement congolais de s'appuyer sur des militaires angolais. C’est ainsi que les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003, impliquant tous les pays de la région ont commencé dans les deux provinces du Kivu, la dernière ayant fait au moins 300.000 morts directs et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies).

Il aura fallu des semaines au Rwanda pour que l’on se rende compte qu’un génocide y avait été commis. Alors, on ne peut que s’inquiéter de voir autant de disparus. Où sont-ils ? Qui fuient-ils ? Combien sont déjà morts ? Personne ne sait vraiment.

Bernard Kouchner, a annoncé un massacre sans précédent en Afrique, et a estimé que la Monuc devait faire preuve de plus de fermeté face aux groupes armés sur le terrain. L'ONG Oxfam prône en premier lieu le renforcement militaire pour assurer la sécurité des populations.

Mais au sommet de Nairobi qui s’est tenu hier aucune mesure de rétorsion véritable et de pression n'a été prise concernant les acteurs en présence.

Le conflit dans le Nord-Kivu menace désormais l'Afrique des Grands Lacs d'un nouveau désastre humanitaire. C'est l'avertissement lancé par le secrétaire général de l'ONU ce vendredi 7 novembre 2008, à Nairobi,

Nous demandons donc au Parti Socialiste de s’emparer de cette question au congrès de Reims, de prendre position et que nos parlementaires la portent à l’Assemblée Nationale.

Car après les génocides de la fin du siècle dernier, nous ne pourrons tolérer une telle situation de silence et d’indifférence, une nouvelle fois.

dimanche 09 novembre 2008

Congrès du Parti socialiste des Hauts-de-Seine - Résolution sur l'avenir de La Poste

J'ai proposé samedi au Congrès départemental du PS une résolution concernant l'avenir de La Poste visant à rejoindre le mouvement départemental lancé sur cette question et conformément au mandat qui m'avait été confié par le Premier secrétaire fédéral Pascal Buchet. Cette résolution a été adoptée à l'unanimité.

La direction de La Poste et le gouvernement ont confirmé qu’ils préparaient un projet d’ouverture du capital et donc de privatisation de La Poste.

Les socialistes des Hauts-de-Seine réunis en congrès :

- Condamnent toute forme de privatisation de La Poste. Cela ne pourrait qu’entraîner une dégradation supplémentaire du service public postal, une accélération des fermetures de bureaux et des suppressions d’emploi sous la pression des exigences de rentabilité financière.

- Exigent un vrai débat public et un référendum pour un service public postal de qualité sur tout le territoire au service de la population.

En conséquence les socialistes des Hauts-de-Seine s’associent aux organisations syndicales, politiques et associatives des Hauts-de-Seine (CFTC Postes et Télécommunications 92 - CGT FAPT 92 - FO Communication 92 – SUD Activités Postales 92 - FSU 92 - PCF 92 - LCR 92), et appellent l’ensemble de la population à signer la pétition lancée par ce collectif.

vendredi 31 octobre 2008

Congrès de Reims du PS - Meeting avec Martine Aubry à Clamart le 28 octobre 2008

J'ai eu l'honneur d'animer mardi le meeting de Martine Aubry à Clamart, aux côtés de Jean-Christophe Cambadélis et Arnaud Montebourg, devant plus de 350 militants du Parti Socialiste. Comme parfois quelques images valent mieux que de grands mots, je vous invite à découvrir quelques extraits du meeting en vidéo.

La motion D à Clamart avec Martine Aubry

juillet 2009

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