A notre congrès d'Asnières samedi 8 novembre, notre congrès a également adopté sur ma proposition une résolution importante sur la situation dramatique dans la Région du Nord Kivu au Congo.
Les socialistes des Hauts-de-Seine s’inquiètent de la dégradation de la situation dans la région des grands lacs depuis cet été et de l’intensification des combats au Nord-Kivu dans la région de Goma.
Les casques bleus n’ont pas pu intervenir pour faire respecter un cessez-le-feu qui semble chaque jour plus virtuel. L'organisation américaine Human Rights Watch accuse les rebelles tutsis comme les milices Maï-Maï soutenues par Kinshasa d'avoir délibérément tué des civils lors de leurs affrontements à Kiwanja, cette semaine au nord de Goma. "Les casques bleus sont simplement incapables de protéger les civils qui sont la cible d'attaques délibérées", a déclaré une chercheuse de l'organisation.
Ces derniers jours, alors qu’une trêve avait été décrétée, de nouveaux combats, ont été signalés à coups de mortier, de mitrailleuses et de grenades RPG près du camp de Kibati, au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu.
Des camps de réfugiés ont été vidés et brûlés. Quelques 250 000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats dans l'est de la RDC en août, portant à plus d'un million le nombre total de déplacés. L'ex-général leader de la rébellion affirme protéger la minorité tutsie contre les attaques des miliciens hutus rwandais réfugiés dans l'est de la RDC après avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda.
On craint que nombre d'entre eux, en grande partie hutus, n'errent dans la brousse à la recherche de refuges après avoir fui l'avance des rebelles tutsis du général rebelle Laurent Nkunda, mais aussi les tueries, viols et pillages imputés à l'armée régulière congolaise en déroute.
Nous pouvons craindre aujourd’hui une nouvelle internationalisation du conflit. Les rebelles accusent en effet le gouvernement congolais de s'appuyer sur des militaires angolais. C’est ainsi que les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003, impliquant tous les pays de la région ont commencé dans les deux provinces du Kivu, la dernière ayant fait au moins 300.000 morts directs et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies).
Il aura fallu des semaines au Rwanda pour que l’on se rende compte qu’un génocide y avait été commis. Alors, on ne peut que s’inquiéter de voir autant de disparus. Où sont-ils ? Qui fuient-ils ? Combien sont déjà morts ? Personne ne sait vraiment.
Bernard Kouchner, a annoncé un massacre sans précédent en Afrique, et a estimé que la Monuc devait faire preuve de plus de fermeté face aux groupes armés sur le terrain. L'ONG Oxfam prône en premier lieu le renforcement militaire pour assurer la sécurité des populations.
Mais au sommet de Nairobi qui s’est tenu hier aucune mesure de rétorsion véritable et de pression n'a été prise concernant les acteurs en présence.
Le conflit dans le Nord-Kivu menace désormais l'Afrique des Grands Lacs d'un nouveau désastre humanitaire. C'est l'avertissement lancé par le secrétaire général de l'ONU ce vendredi 7 novembre 2008, à Nairobi,
Nous demandons donc au Parti Socialiste de s’emparer de cette question au congrès de Reims, de prendre position et que nos parlementaires la portent à l’Assemblée Nationale.
Car après les génocides de la fin du siècle dernier, nous ne pourrons tolérer une telle situation de silence et d’indifférence, une nouvelle fois.
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