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lundi 17 mars 2008

Une vague rose, mais Marseille résiste

A lire dans Profession politique

La mini vague rose du premier tour s’est transformée en déferlante. La gauche a remporté son pari en gagnant une quarantaine de moyennes ou grandes villes. La fête aurait été totale rue de Solférino si le socialiste Jean-Noël Guérini avait pris la cité phocéenne au vice-président de l’UMP, Jean-Claude Gaudin. Le maire sortant ne disposera finalement que d’un siège de majorité au conseil municipal de Marseille. Excepté la deuxième ville de France, qui reste à droite, la gauche a fait basculer en sa faveur Toulouse, Saint-Étienne, Strasbourg, Caen, Blois, Reims, Metz, Amiens ou Valence. À l’issue des deux tours, la gauche domine désormais très largement dans les communes de plus de 100 000 habitants, puisqu’elle en détient 25 sur 37.

Si les ténors du PS ont salué une nette victoire - "au-delà des objectifs", selon François Hollande - et un vote-sanction contre le gouvernement, la gauche aurait sans doute pu faire mieux si la participation n’avait pas été aussi faible (65 % environ, à peine 61,66 % dans les communes de plus de 3 500 habitants). Par exemple, l’absence de suspense à Paris n’a pas permis à Bertrand Delanoë de renforcer sa majorité, sans doute victime d’une démobilisation des électeurs de gauche. Ces élections se traduisent par un statu quo dans les arrondissements de la capitale : le PS n’a conquis aucun fief de la droite, ni le Vearrondissement, qui reste aux mains de Jean Tiberi, ni le XVe, convoité par la première adjointe, Anne Hidalgo. Au mieux, Bertrand Delanoë limite-t-il le poids de ses alliés Verts et PCF au profit du PS.

Plusieurs bastions de la droite ont tenu bon face aux assauts de la gauche : Le Havre, Orléans, Vannes, Beauvais, Perpignan ou Corbeil-Essonnes. L’UMP brandissait même hier quatre conquêtes supplémentaires après Chaumont et Le Puy-en Velay la semaine dernière : Agen, Calais, Châtellerault et Gap. La moisson, en revanche, a été moins bonne pour les membres du gouvernement que lors du premier tour. Si Jean-Marie Bockel s’impose à Mulhouse, Christian Estrosi à Nice et Nathalie Kosciusko-Morizet à Longjumeau, la défaite est rude pour Xavier Darcos, qui rend les clés de Périgueux au PS. Battues aussi, Rama Yade à Colombes, Christine Albanel dans le IVe et Christine Lagarde dans le XIIe arrondissement de Paris. Enfin, comme lors des législatives de 2007, le MoDem a souffert, puisque même son président François Bayrou n’a pas réussi le pari de remporter Pau.

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