Une semaine très politique Par Pierre-Marie Vidal
A lire dans Profession Politique
Le remaniement marque une relance du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Au lendemain d’élections mauvaises pour la droite, les ajustements à l’Élysée et au gouvernement préfigurent un retour au classicisme présidentiel après dix mois "baroques".
Il fut un temps - en une époque plus baroque qu’aujourd’hui - où Nicolas Sarkozy voulut rompre avec la Ve République. Soit en changeant la Constitution, soit en modifiant la pratique des institutions et surtout en imposant son style personnel. On allait voir ce qu’on allait voir. Passées par-dessus bord, les vieilles habitudes de discrétion, de majesté présidentielle, de partage du pouvoir avec le Premier ministre, de traitement de l’opposition. Oubliées, les règles que l’on croyait intangibles sur le champ d’action du chef de l’État. Ce n’est pas parce que de Gaulle ou Mitterrand, Giscard ou Chirac - surtout lui d’ailleurs - s’étaient comportés d’une certaine manière qu’il fallait les imiter. Il fallait au contraire tout faire pour s’en démarquer. La rupture devait, en toutes choses, être la marque de fabrique de la nouvelle présidence.
Le modèle de référence venait souvent d’outre-Atlantique. Avant tout et en tout, il fallait s’inspirer de la transparence américaine, aussi outrancière soit-elle. Chaque semaine, le porte-parole viendrait faire des annonces. Secrétaire général et collaborateurs de l’Élysée pouvaient s’exprimer. La vie privée du Président faisait la une des gazettes. C’était la série The West Wing importée au Château... Pourtant, parce que la Ve République a quelques fondamentaux incontournables, ce quinquennat-là s’est terminé le 16 mars 2008. Retour donc aux fondamentaux. Claude Allègre et d’autres auront vu passer de loin le train de l’ouverture qui ne repassera pas de sitôt. Le mini-remaniement s’avère donc plus politique que technique.
À part cela, ces élections municipales et cantonales - que Nicolas Sarkozy avait voulu avancer, quand il était ministre de l’Intérieur, avant de se heurter, déjà, à quelques notables de l’UMP - étaient seulement locales, comme l’expliquait dimanche soir François Fillon...
Décidément une semaine très politique.

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