Après les élections : construire un bloc de convictions, par Benoît MARQUAILLE, Premier secrétaire fédéral adjoint du PS 92
Avec 20 présidences de région sur 22, 55 conseils généraux sur 101, 24 des 36 villes de plus de 100 000 habitants et 44 villes de plus de 20 000 habitants gagnées, c’est peu de dire que le paysage politique a changé avec ces élections municipales et cantonales.
Encore faut-il dire en quoi. L’analyse des résultats dans les Hauts-de-Seine nous permet d’en tirer quelques enseignements pour notre parti et pour le pays.
Une réussite de l’union des gauches
Dans les Hauts-de-Seine, le premier enseignement de ces élections, est la réussite de l’union des gauches dans les villes sortantes à Fontenay-aux-Roses, Clamart, Clichy, Bagneux, Nanterre, Malakoff et Gennevilliers. L’union a aussi porté ses fruits à Colombes où après une «sacrée bagarre», Philippe Sarre a remporté une «sacrée victoire» avec 53,6% des voix. Dans le pays, l’union a aussi permis de belles victoires à Amiens, Caen, Strasbourg…
Si l’union offre de belles victoires, la question posée est plutôt celle des conditions de la victoire pour nos camarades dans les villes du département gérées par un PC désormais très méfiant à notre endroit et peu enclin à nous laisser exister. Pas beaucoup d’améliorations sur ce plan là avec ces élections.
A l’inverse, la désunion est responsable de notre cuisante défaite à Chaville. Et nous en sommes responsables. Dans une ville où Sarkozy faisait 56%, nous avons perdu de 200 voix au second tour alors que les listes PS et PRG cumulées en comptaient plus de 1 000 d’avance au soir du premier tour. Inexcusable, surtout quand le nouvel édile local s’appelle Jean-Jacques Guillet. Un militant de Meudon m’a écrit : « c’est à pleurer ».
L’échec du MODEM et le «cas Asnières»
Pour le MODEM, c’est l’échec d’une stratégie à géométrie variable. Allié au PS, c’est l’échec à Bourg-la-Reine, à Sèvres, à Châtillon. Allié à la droite, c’est l’échec à Clichy, à Clamart et à Colombes. Hormis Ville d’Avray et les 20% réalisés à Nanterre, il ne reste pas grand chose du MODEM qui, dans notre département comme nationalement, selon Pascal Perrineau, « loin de troubler le duel gauche/droite, a mécaniquement favorisé la liste arrivée en tête le 9 mars en gelant le rapport de force issu du premier tour ».
Reste le «cas Asnières», atypique, unique, regroupant une coalition hétéroclite qui s’est rassemblée dans un tout sauf Aeschlimann victorieux. Saluons-les pour cette belle œuvre face à un triste personnage politique. Mais désormais, il va leur falloir trouver les moyens de gérer ensemble et de durer.
Statu-quo au département
Malgré de beaux résultats au premier tour comme à Issy-les-Moulineaux avec Kathy Similowski ou à Boulogne avec Pierre Gaborit la victoire n’est pas au rendez-vous au soir du 16 mars. Dans le département, c’est le statu-quo parfait alors que nationalement, nous progressons encore largement dans les départements.
La question des alliances
Dans les Hauts-de-Seine comme dans tout le pays, ce qui aura été au centre de ces élections, c’est la question des alliances, faisant exploser ainsi le dernier pilier encore debout du Mitterrandisme qui avait dès 1970 rompu avec les pratiques d’alliance au centre de la SFIO. En terme d’alliances, c’est désormais le flou et l’opportunisme.
Les candidats du MODEM n’ont pas hésité à «se vendre aux plus offrants» selon leurs propres termes. Ne doutons pas que cette question des alliances va revenir en force dans notre congrès. Dans l’entre-deux tours, Ségolène royal, proposant l’alliance généralisée avec le MODEM et Bertrand Delanoë, marginalisant Marielle de Sarnez à Paris ne s’y sont pas trompés et se sont d’ores et déjà positionnés.
Construire un bloc de convictions
Les scrutins des 9 et 16 mars 2008 ont rétabli la gauche, l’ont renforcé. Auront-ils réussis à la réarmer ? L’histoire montre que cela dépendra de nous et de notre volonté de nous réinventer.
Après les grandes victoires aux régionales et cantonales de 2004, présidentielle en vue, notre congrès s’était terminé dans une synthèse rassemblant tout le monde mais ne satisfaisant personne. Le non choix idéologique en 2005, nous amena à choisir en 2006, non pas celui ou celle qui pourrait «changer la vie» mais celui ou celle qui pourrait simplement gagner. Ce fut la défaite que l’on sait. Elle fut collective, assumons-le.
Si aujourd’hui, nous ne voulons pas reproduire cette séquence et tirer profit des victoires, la question idéologique doit être au centre de la rénovation du parti. D’abord l’idéologie, le projet pour ceux que le terme effraie, ensuite nous devrons examiner la question des alliances et du leader.
Pour Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, « les reconstructeurs doivent construire un bloc de convictions, cette spécificité collective qui évitera, au prochain congrès, le seul choc des ambitions. Il nous faut ensuite une véritable union des gauches et des écologistes autour d'un contrat d'alternative réaliste à la droite. »
Un congrès de clarté pour rénover
De la première réunion du conseil national, mardi 25 mars, ce qui ressortait à l’heure où j’écris c’est la création d'un "conseil des territoires", une sorte de sénat du parti en quelque sorte. Immédiatement, Arnaud Montebourg déclarait douter de son intérêt : "Il faut préserver la souveraineté des adhérents et s'ouvrir sur la société plutôt que de se replier sur ses bastions".
Le nécessaire travail de rénovation que nous devons engager doit nous interroger en effet bien plus loin. Toujours dans la presse, Gérard Collomb déclarait « Je ne participe plus aux réunions du bureau national à cause de l'abîme que je constate entre ce qu'il s'y dit et ce que je vis au quotidien ». Pierre Cohen, maire de Toulouse, « ne se sent plus attiré par les débats de la rue de Solferino » et « il se dit déterminé à peser en faveur du principe de non-cumul des mandats ».
Alors il faut prendre la mesure de tout cela et engager une véritable rénovation en commençant par la manière dont nous allons organiser nos débats, réfléchir aux questions idéologiques et remettre en question nos pratiques.
Les victoires futures, nationales cette fois, doivent se construire dès maintenant. Ce doit être l’enjeu de notre congrès. Il a bel et bien commencé. Il sera un congrès de la clarté ou il sera un congrès escamoté.

ma cher nadine
dire que le pc dans le 92 est stalinien
voila le genre de propos néfastes dont nos adversiares se sont servis adns quelques villes et a empecher que des villes basculent agauche avec un maire communiste et des élus socialistes comme au HAVRE OU A CORBEIL ESSONNES pour ne citer que ces deux cas
JE ne voi pas en quoi nos élus communistes michel ou christophe seraient staliniens et quand bien même le seraient ils je regarde le travail qu'il effectuent comme élus et j'en suis satisfaits
Arrêtons camarade de jeter en pâture des élus qui travaillent collectivement pour faire un jour que cette ville revienne dans le giron de la gauche de TOUTE la gauche
amicalement
Rédigé par: coconuts | le vendredi 04 avril 2008 à 23h37
Ton analyse sur le Modem est un peu biaisée, car tu passes sous silence, les cas ou l'alliance avec le Modem, a été fructueuse, comme à Lille, Dijon, et bien d'autres.
Rédigé par: gerard beylier | le lundi 31 mars 2008 à 09h42
Tout à fait d'accord Benoît avec ton analyse notamment en ce qui concerne Chaville.
La désunion de la droite en 1995 nous avait permis de gagner Chaville, puis en 2001 de la conserver, mais en 2008 l'activisme des éléments les plus sectaires de la section manipulant les adhérents à 20 € a conduit à présenter une liste PS concurrente de celle de J. Levain. J'avais appelé au secours Pascal Buchet en souhaitant qu'il intervienne pour remedier à cette erreur stratégique, la seule réponse a été de transmettre au national la demande d'exclusion du bureau de la section à l'encontre des élus sortants qui se présentaient sur la liste de Jean Levain.
C'était chez certains anciens de la section la volonté de "tuer" Jean Levain quite à se retrouver dans l'opposition!
La volonté de détruire l'a donc emporté sur le réalisme politique,je n'ai pour ma part pas été surpris du résultat puisqu'au mois de novembre j'avais écrit à Pascal que si rien n'était fait nous allions dans le mur...
Rédigé par: jean-pierre dahan | le vendredi 28 mars 2008 à 11h11
Bonsoir
Beaucoup de themes dans ce billet. Je me restraindrai aux récentes elections et aux aspects locaux.
Il est difficile de faire une analyse sur ces minicipales. La deception relative au president y est sans doute pour quelque chose. Il y a egalement le symbole que représente de deux villes phare que sont Paris et Lyon. Il prouve que, localement, les socialo peuvent gérer efficacement.
Cependant, je suis persuadé que les aspects locaux sont tres importants. En effet, la démocratie ne peut s'exercer au niveau local particulierement dans les petites villes comme la notre a cause de l'absence totale ou presque d'espace de discussion. Quand le maire est en photo a chaque coin de rue, sur chaque page de son journal local en papier glacé, où est la démocratie? Cela n'est pas specifique au Plessis, mais cette ville en offre une illustration parfaite. Un exemple encore plus frappant : je ne me rapelle plus ou, un maire en détention provisoire a été réélu! La gestion de Paris est commentée nationalement dans les journeaux. Celle du plessis ne fait d'autre commentaire que dans le "journal" du Plessis. Quelque soient nos convictions, celles-ci ne peuvent emporter l'adhésion si elles ne sont pas relayée.
Le fait que les grandes villes votent a gauche, montrent que l'opposition gauche-droite n'est plus sociologique (lutte des classes). Des lors, il n'y a aucune raison de penser qu'il y a des bastions imprenables sous prétexte d'un niveau de vie élevé localement. C'est particulerement le cas pour le plessis. Je ne vois pas la spécificité sociologique du Plessis qui justifirait un le score de PP, au contraire. Il y a donc un deficit net de communication, et c'est a mon sens au niveau national que le PS peut y remedier en donnant les moyens de s'exprimer localement dans les villes de droites.
Rédigé par: Reno | le jeudi 27 mars 2008 à 22h14
Je suis d'accord avec beaucoup des choses que tu écris. toutefois j'aimerais rebondir sur ton dernier paragraphe, qui commence par "Les victoires futures, nationales cette fois". Pour moi "national" ne suffit pas et ce n'est pas le lieu où l'avenir va se jouer.
Nous nous sommes déchirés sur le traité européen, mais à présent il est ratifié par la France et on peut penser qu'il sera ratifié par tous. C'est une donnée de fait.
Alors lisons ce traité modificatif. Il y a une phrase nouvelle qui me semble essentielle : "le président de la commission est élu par le Parlement"
Jusqu'ici, nous ne savions pas comment faire pour imprimer à la commission une démarche de progrès social. Aprésent, nous le savons : il faut, et ils suffit, gagner les élections au Parlement européen.
Il y a tellement de choses importantes qui ne peuvent avancer qu'au niveau européen que cela me semble l'enjeu dominant. UN enjeu qui a le mérite de la simplicité : s'il y a des responsables qui affirment que faire gagner la gauche aux élections européennes est la priorité, alors ce n'est pas facile mais c'est clair, compréhensible pour tout le monde, et à mon sens ce sont ces responsables qui auront su dégager l'objectif principal.Donc je vais me mettre à l'écoute...
Rédigé par: Philippe Waldteufel | le jeudi 27 mars 2008 à 19h46
A Puteaux, le tout jeune Modem a éclaté. Le chef de file pressenti (Robert Bernasconi) a rejoint la majorité UMP. La section locale a refusé de soutenir la liste SE menée par Christophe Grébert alors que la fédération départementale lui enjoignait de le faire. Au final, une partie des adhérents a rejoint la liste SE et l'autre s'est retrouvé sans rien !
Rédigé par: Nadine Jeanne | le mercredi 26 mars 2008 à 21h07
Je tiens à relever trois points de ton analyse. Le premier concerne les alliances et en particulier avec le Parti communiste qui reste dans le Département un Parti stalinien sachant verrouiller la pratique politique.
Colombes est la seule ville du Département où le Parti a su et pu récupérer la Commune après l'échec de la Gauche aux élections de 2001.
Au Plessis, on sait ce qu'il est advenu de la désunion en 1989 si je ne me trompe. Les résultats y étaient beaucoup plus prometteurs qu'à Chaville !
Peut-on comparer Sceaux et Bourg la Reine avec Bagneux ? Je ne le crois pas. Le second point concerne l'élection présidentielle et la désignation de notre candidate. J'eusse aimé qu'en 2002 Lionel Jospin puisse réunir le nombre de voix que Ségolène a réuni sur son nom au premier tour. A l'époque Cambadélis était l'un des proches de lionel.
J'eusse aimé que le Parti fasse sien le constat de Ségolène sur l'état de la France : "métissée" et qu'il en tire les conséquences en promouvant davantage de candidats de la "réalité" tant aux législatives qu'aux municipales.
J'eusse aimé aussi que le Parti réalise un de ses engagements lointains : "le non-cumul des mandats". Ségolène ROYAL a été fidèle à ses engagements. Combien d'autres ont considéré comme Pasqua que "les promesses n'engagent que ceux qui les ... entendent.
Troisième point : l'AVENIR !
J'ai quelqu'ancienneté dans le Parti. Les idées, le candidat; le candidat, les idées.
Non Camarade, les idées et le candidat en même temps.
Jospin a perdu en 1995 ! Cela ne l'a pas empêché d'être candidat en 2002 et Patron du PS de 1995 à 2002.
Peut-il vraiment nous donner des leçons? N'a-t-il fait aucune connerie entre 1995 et 2002 ?
Rédigé par: Bernard Bréant | le mercredi 26 mars 2008 à 21h02