Le dernier édito de Pierre-Marie Vidal dans Profession politique :
L’affaire des tests ADN n’en finit pas de diviser la majorité. “Détail” de la loi sur l’immigration, comme le qualifie le Premier ministre, le sujet est devenu emblématique de toutes les instrumentalisations. Première d’entre elles, celle de l’auteur de l’amendement, Thierry Mariani, qui, avec un tel effet de manche, puise sans vergogne dans l’abondant vivier électoral du Front national sur ses terres du Vaucluse. Et la dernière, celle de la secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville, Fadela Amara, qui, foulant au pied toutes les règles de la solidarité gouvernementale, saisit l’occasion pour régler violemment quelques vieux comptes. “Heureusement que le Conseil constitutionnel devrait enterrer le projet”, espèrent en silence de nombreux parlementaires. Restera de cette affaire le sentiment que cette nouvelle tentative d’intégration de personnalités de la société civile, sans expérience gouvernementale, montre ses limites.
Même pris sous l’aile protectrice de l’Élysée, ces ministres ont, en effet, du mal à peser sur les décisions prises. Il suffit de comparer les résultats déjà obtenus par Martin Hirsch au haut commissariat aux Solidarités actives contre la pauvreté à ceux de Fadela Amara. Tous deux à égalité “ministres” d’ouverture, l’un connaît toutes les ficelles du métier alors que l’autre découvre - à ses frais - la mécanique du pouvoir.
Le risque n’est donc pas tant dans l’ouverture que dans le fait de tenter d’intégrer au gouvernement des gens qui n’en connaissent pas le fonctionnement. Savoir travailler avec les parlementaires, comprendre les contraintes de la carte électorale, associer les services à la réflexion : autant de nécessités qui font partie du métier de ministre et ne peuvent pas être ignorées longtemps sans gripper la machine. Quand en plus on joint la parole au geste, alors c’est la sortie de route assurée.
Décidément, c’est une semaine très politique.
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